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Allergie

Allergies, psychologie et souffrance morale

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© MKR Berlin - iStockphoto

Si l’on est globalement sensibilisé aux manifestations physiques des réactions allergiques, on parle encore peu du poids psychologique de la maladie.
  1. Une petite épée de Damoclès au-dessus de la tête
  2. Le rôle de la psychologie dans l’allergie
  3. L’expression d’un mal-être intérieur ?

Une petite épée de Damoclès au-dessus de la tête

Chez l’allergique qui se sait déjà hypersensible, la crise est une crainte quasi-permanente. Il faut faire attention à tout, anticiper sur d’éventuelles réactions, se méfier de nombreuses situations. Ainsi un allergique aux poils de chat devra toujours se poser la question de la présence d’un félin chez les amis qui l’ont invité à passer la soirée. Il devra ne pas oublier de prendre un antihistaminique avant d’affronter cet environnement hostile et toujours avoir sur lui son bronchodilatateur, au cas où une crise d’asthme le prenait lors d’un dîner à l’extérieur. La vigilance doit être permanente pour ne pas entrer en contact avec un aliment problématique ou des ustensiles qui ont servi à une préparation contenant un allergène. La frustration est grande chez l’allergique qui doit restreindre nombre de ses choix aux options les plus simples, alors que son entourage jouit de la liberté totale, anodine, de caresser un chat ou de commander n’importe quel plat à la carte d’un restaurant. L’allergique s’isole malgré lui et c’est une souffrance supplémentaire. Aussi compatissant qu’il puisse être, l’entourage ne peut réellement comprendre le poids de la pathologie. Vue de l’extérieur, il suffit de faire un peu attention et c’est bien souvent la réalité pour les cas les moins lourds. Mais ce qui rend l’empathie difficile dans le cas de l’allergie, c’est qu’il s’agit d’une maladie permanente

Le rôle de la psychologie dans l’allergie

Inversement la fragilité psychologique peut, elle-même, être un facteur déclenchant ou contribuant au déclenchement des crises allergiques. Une émotion forte peut couper le souffle à tout le monde. Chez un asthmatique, cela peut le faire tousser, siffler et finalement déclencher une crise. Certains auront pour leur part des réactions cutanées, des plaques qui se forment sur la peau. Beaucoup de personnes développent ainsi de l’eczéma parce qu’ils souffrent de stress et qu’ils ont trop de pression au bureau ou découvrent une soudaine poussée d’urticaire parce qu’une présentation importante les angoisse. Ici, l’expression « être à fleur de peau » prend tout son sens ! En allant même plus loin : des patients qui auront oublié leur traitement de secours en cas de crise vont tellement s’en préoccuper qu’évidemment ils vont subir cette crise. Les médecins, dans ces situations ne peuvent qu’inciter leurs patients à rester détendu en toutes situations pour éviter les conséquences craintes d’émotions non contrôlées.

L’expression d’un mal-être intérieur ?

Certains psychiatres et psychologues voient dans l’allergie une manifestation de troubles plus profonds. Des enfants, ayant le sentiment d’être délaissés ou abandonnés ont vu leur corps se couvrir soudainement d’eczéma. De simples massages pratiqués par les parents sont parfois venus à bout de cette dermatose. Différentes études sont allées dans ce sens, relevant un certain nombre de cas d’allergie chez des sujets ayant des difficultés à s’exprimer, à extérioriser leurs émotions. Ce que la parole n’a pas fait, le corps le dit à sa façon. Toutefois, il faut reconnaître les vérités scientifiques sont difficiles à établir dans le domaine de la psychologie. Même s’il est fort probable que la psychologie a des répercussions sur le corps, il convient de ne pas systématiquement chercher à justifier les pathologies allergiques par un trouble émotionnel. Nombre d’allergies sont presque banalement physiques, voire mécaniques. L’analyse rationnelle et pragmatique de la médecine occidentale traditionnelle peut y apporter une réponse tout aussi efficace. Gardons donc toujours cependant en tête que le corps et l’esprit ne font qu’un. Les allergiques ont un terrain favorable, le psychisme peut être l’un des facteurs déclenchant, au même titre que des facteurs purement biologiques ou environnementaux. Le débat semble encore ouvert… l’essentiel étant pour chacun de trouver les solutions pour vivre bien, dans son corps, comme dans sa tête.